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L'Approche Paradoxale de la Réussite ® avec Laurent Edel

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La France, pays rêvé pour entreprendre?

1restoducoeur Un ami entrepreneur me dit : « Je dois trouver de l’argent pour terminer mes projets. Sinon dans deux mois, c’est les Restos du Cœur ». La perspective me fait fait froid dans le dos. Lui est serein et sa voix assurée. Ca m’inspire une question : et si les structures de solidarité étaient une chance plutôt qu’une déchéance ?

Parmi les gens qui rêvent de changer professionnellement un certain nombre renonce par peur d’échouer : « J’ai un projet mais j’ai peur de rater ». C’est un peu comme la peur de l’avion, ça paralyse. Comme en avion, y a des raisons valables d’avoir peur : il y a toujours une probabilité pour que ça ne marche pas. Un avion qui ne marche pas ça ne pardonne pas. En revanche, en créant son entreprise ou en changeant de job, il y a toujours une chance de s’en sortir. En France, on peut mettre toutes ses économies dans son projet, tout perdre, et ne pas en mourir. Sans argent, sans travail, on peut toujours repartir. Grâce aux Restos du cœur, au RMI et autres assistances sociales.

Je trouve rassurant de pouvoir tout miser en sachant qu’il y aura toujours un matelas social. Vous allez dire : « C’est justement le problème. C’est insupportable de manger à la soupe populaire ». C’est vrai, passer du statut de patron ou salarié à la rue est un sacré changement. Ecrire ces lignes depuis mon bureau du 7ème arrondissement à Paris peut ressembler au comble du cynisme. Mon point, c’est que cela dépend de la façon dont on regarde les choses. Si vivre des aides sociales est inacceptable alors oui, changer de voie reste effrayant et il vaut mieux s’en abstenir. Mais on peut aussi considérer le RMI comme une façon temporaire de ne pas mourir de faim, le temps de se relancer. Cela condamne t-il à rester en bas de l’échelle ? Est-ce synonyme de : « Je suis un raté et ne m’en sortirai jamais » ?

Reste le regard des autres : « Quelle déchéance, le pauvre, je lui avais dit d’être plus prudent ». Pas très encourageant cette tendance à enfoncer la tête de ceux qui boivent la tasse. Mais on peut aussi apprendre à être moins sensible au regard des autres. C’est une autre façon de poser le problème : « J’ai peur de changer, car si je me plante, je ne supporterai pas les remarques de mes proches ». Et si la France était le pays rêvé pour entreprendre ?

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