La France, pays rêvé pour entreprendre?
Un ami
entrepreneur me dit : « Je dois trouver de l’argent pour terminer mes
projets. Sinon dans deux mois, c’est les Restos du Cœur ». La perspective
me fait fait froid dans le dos. Lui est serein et sa voix assurée. Ca m’inspire une question :
et si les structures de solidarité étaient une chance plutôt qu’une déchéance ?
Parmi les
gens qui rêvent de changer professionnellement un certain nombre renonce par
peur d’échouer : « J’ai un projet mais j’ai peur de rater ».
C’est un peu comme la peur de l’avion, ça paralyse. Comme en avion, y a des
raisons valables d’avoir peur : il y a toujours une probabilité pour que
ça ne marche pas. Un avion qui ne marche pas ça ne pardonne pas. En revanche,
en créant son entreprise ou en changeant de job, il y a toujours une chance de
s’en sortir. En France, on peut mettre toutes ses économies dans son projet,
tout perdre, et ne pas en mourir. Sans argent, sans travail, on peut toujours
repartir. Grâce aux Restos du cœur, au RMI et autres assistances sociales.
Je trouve
rassurant de pouvoir tout miser en sachant qu’il y aura toujours un matelas
social. Vous allez dire : « C’est justement le problème. C’est
insupportable de manger à la soupe populaire ». C’est vrai, passer du
statut de patron ou salarié à la rue est un sacré changement. Ecrire ces lignes
depuis mon bureau du 7ème arrondissement à Paris peut ressembler au
comble du cynisme. Mon point, c’est que cela dépend de la façon dont on regarde
les choses. Si vivre des aides sociales est inacceptable alors oui, changer de
voie reste effrayant et il vaut mieux s’en abstenir. Mais on peut aussi
considérer le RMI comme une façon temporaire de ne pas mourir de faim, le temps
de se relancer. Cela condamne t-il à rester en bas de l’échelle ? Est-ce
synonyme de : « Je suis un raté et ne m’en sortirai
jamais » ?
Reste le
regard des autres : « Quelle déchéance, le pauvre, je lui avais
dit d’être plus prudent ». Pas très encourageant cette tendance à enfoncer
la tête de ceux qui boivent la
tasse. Mais on peut aussi apprendre à être moins sensible au
regard des autres. C’est une autre façon de poser le problème :
« J’ai peur de changer, car si je me plante, je ne supporterai pas les
remarques de mes proches ». Et si la France était le pays rêvé pour entreprendre ?




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