Je suis trop nul pour me décider
Surtout ne choisissez pas!
Dominique hésite
à se décider. Doit-il se porter candidat à un poste qui se libère dans son
entreprise ? Il ne manque pas de raisons de bouger : « Mon
patron ne cesse de me répéter que je suis nul. Et je me sens nul de rester.
Mais je ne peux faire autrement puisque je suis nul ». Dans quelques jours
il sera trop tard, le poste sera pourvu.
Dominique
s’agite sur sa chaise, il s’impatiente de me répondre : « Ca y est, j’ai
décidé. Je veux reprendre mon destin en main. Si je ne suis pas candidat, je
vais le regretter. Si j’ai le job, ça peut être plus agréable pour moi ».
Ce soudain
retournement de situation me surprend. Je lui suggère de ne pas se précipiter,
d’y réfléchir, et de prendre son parti plus tard. Mais il est déterminé. C’est
le moment de consolider le changement. Je lui demande s’il sait ce qui lui a
permis de se décider si rapidement : « Vous avez utilisé deux mots
pour la première fois : regretter et agréable. Ce sont des émotions. En
arrêtant de raisonner vous avez fait appel à votre ressenti. Et vous avez
arrêté ce choix qui semblait difficile ».
Dominique
est revenu préparer son entretien de recrutement. Comme il est bon, je me suis
contenté de lui ai demandé comment il pouvait le rater. Il a obtenu le poste. Peut-être
l’objet d’un projet chapitre.
Dominique aurait pu
vouloir travailler sur son manque d’estime de soi,. Mais il a une urgence et sa
demande est précise. On peut donc se concentrer sur son besoin de choix !
Que fait-il pour avancer ? Il raisonne et ça ne l’aide pas à se décider.
Ses tentatives infructueuses sont claires.
Pendant l’entretien, il
est souvent au bord des larmes. Surtout quand il évoque son président. Il se
retient de craquer. Se contrôler fait aussi partie de sa stratégie.
Je ne peux que lui
témoigner ma propre émotion en écoutant son récit. Ensuite un peu de
paradoxe court-circuite son habitude : « Continuez à ne pas choisir
». Ouvertes, les vannes de l’émotion l’amènent à se décider. Le 180° a
fonctionné vraiment vite. J’ai besoin de solidifier en l’aidant à prendre
conscience de ce qui fonctionne et ne fonctionne pas pour lui. Plus il
raisonne, plus il tourne en rond. S’il se fie à ses sensations, le choix est possible.
Ça peut être utile de gagner en autonomie et en rapidité dans ses futures
prises de décision.




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