Les supers pouvoirs de ceux qui prédisent l’échec des nouveaux projets
« Tu es complètement fou ! ça ne marchera jamais ! Le secteur est bouché ! Si c'était une bonne idée, ça existerait déjà ! Etc.". Qui n'a jamais entendu de tels diagnostics définitifs sur son projet de création d'entreprise, d'association ou de nouvelle carrière ? Toute idée un peu originale et risquée est susceptible de se faire démolir par un avis aussi tranché que tranchant.
Ils sont très forts les apôtres de l'échec. Un apôtre c’est le lieu où la divinité donnait ses réponses. Une parole divine et infaillible. Ces tueurs de projets ont le super pourvoir de prédire qu'une idée ne marchera pas. Sommes nous condamnés à nous soumettre à leurs sentences et à renoncer à nos rêves ? Leur résister n’est ni facile ni toujours possible. Essayons d’y voir plus clair.
Deuxième hypothèse, banquiers, experts-comptables et structures d’accompagnement tuent les projets par obligation. Sélectionner, conseiller et informer sans décourager est un exercice difficile. Certains entrepreneurs se marrent quand un expert descend une idée plutôt que d’avouer qu’il n’y comprend rien. Grâce au super pouvoir du tableau Excel, les experts savent prédire l’avenir des nouveaux projets. Si une série de chiffres prévoit des pertes, il ne pourra en être autrement. Ce serait peine perdue que d’essayer, d’explorer son marché, de changer de stratégie. Bref d’être créatif et agile.
Troisième hypothèse, nous transformons accidentellement un ancien patron, un professeur ou un ponte du secteur en tueur de projets. En sollicitant leur avis, nous leur transmettons le droit de vie ou de mort sur notre projet. Nous prions pour leur soutien, mais une grimace sur leur visage peut nous faire abandonner tout espoir de succès.
Dernière hypothèse, nous sommes nos propres oracles de l’échec. Notre force de conviction est illimitée : « J’ai peur de me planter. Je n’ai pas le profil. Je suis un bon exécutant, etc. ». En matière d’oracle, il est des prophéties autoréalisantes. Je sais de quoi je parle pour m’être souvent mis des bâtons dans les roues.
En revanche, je ne souscris pas à l’hypothèse selon laquelle les Français sont négatifs, averses au risque, trop critiques. Critiquer l’esprit français me déprime. J’y vois le fatalisme autoréalisant des oracles de l’échec. Je préfère me réjouir de l’émergence infinie de nouveaux projets et de ma chance d'en accompagner certains.

